Masturbation, exhibitionnisme ; faut-il s’inquiéter des comportements sexuels de nos enfants ?

Masturbation, exhibitionnisme ; faut-il s'inquiéter des comportements sexuels de nos enfants ?

Un enfant qui se frotte contre le canapé, qui glisse sa main dans son slip lorsqu’il regarde la télévision, qui se déshabille spontanément devant d’autres enfants… Voilà des comportements auxquels de nombreux parents sont confrontés et face auxquels, bien souvent, ils se trouvent démunis. De telles habitudes sont-elles inquiétantes ? Faut-il s’alarmer ? Si oui, à partir de quand ?

Est-il courant que les jeunes enfants explorent leur sexualité ?

PAS-DE-PANIQUE !

En effet, les comportements sexuels chez les plus petits ne sont a priori pas anormaux, bien au contraire ! Ils constituent même une facette tout à fait saine du développement chez l’enfant. Rappelons-nous avant toute chose que le rapport au sexe, première étape du processus de reproduction, est une composante essentielle de l’être humain.

Dès lors, afin d’être en mesure de distinguer clairement les comportements normaux de ceux qui ne le sont pas, de ne pas stresser et de réagir de façon adéquate, il convient de connaître et de bien garder à l’esprit les différentes étapes du développement sexuel de nos petits.

De 0 à 3 ans

Les premières années de vie de l’enfant sont celles de la curiosité, de l’éveil et de l’exploration de soi. Pas étonnant donc qu’il cherche par tous les moyens dont il dispose à en savoir davantage sur lui-même et sur son environnement.

À cet âge de découverte, la peau constitue l’organe le plus grand (ce qui reste valable tout au long de la vie) et, par conséquent, le toucher le sens le plus vite développé. C’est donc par ce biais que l’enfant ressentira le plus de sensations, des sensations agréables, porteuses de plaisir et « d’informations » relatives à son propre corps et au monde qui l’entoure.

C’est également l’âge de la découverte des organes génitaux, à 8 mois pour les garçons et à 10-12 mois pour les filles. L’autostimulation, quant à elle, connaît ses premières expérimentations à partir de 15 mois environ. Aucune bizarrerie là-dedans ! L’enfant ne fait qu’effectuer des mouvements « plaisir » et qui rassurent, effectués à certains moments précis. Par exemple, un enfant stressé ou fatigué aura tendance à s’autostimuler dans un unique but d’apaisement et de retour au calme.

De 3 à 5 ans

Passé le cap des trois premières années, la curiosité de l’enfant évolue et se meut peu à peu en un intérêt pour les différences anatomiques. Le processus de découverte de soi, toujours en marche, prend une nouvelle direction et passe alors par la découverte de l’autre. L’enfant entre dans une phase de développement durant laquelle sa curiosité se mêle irrémédiablement à une envie de tisser des liens et d’entrer en interaction avec un autre que lui. Et cela peut se matérialiser en une forme d’exploration de la nudité de l’autre.

La connaissance de soi passe tantôt par la connaissance de l’autre, tantôt par l’autostimulation (toujours elle) qui garde essentiellement un rôle de détente et de réconfort. À ce stade, l’autostimulation reste normale, mais doit se faire dans l’intimité.

Jusqu'à quel point ces comportements sexuels sont-ils normaux chez les enfants ?

Si l’exposition de la nudité et les contacts physiques entre les enfants n’ont rien d’inhabituel ni d’inquiétant, il faut néanmoins rester vigilant et prendre quelques précautions.

En effet, pour qu’un comportement de ce type reste normal, il faut que :

  • Les enfants qui y participent se sentent à l’aise et ne soient obligés à rien.
  • Le toucher ne prenne pas d’autres formes (baiser sur le sexe, simulation de pénétration…)
  • Les enfants concernés par ces échanges soient plus ou moins du même âge (un enfant de 8 ans qui pose des gestes déplacés sur un enfant de 3 ans est un comportement anormal).

La notion de consentement doit revêtir la même importance entre enfants qu’entre adultes.

Quelle attitude adopter quand les enfants se masturbent ?

Nous le disions, pas de panique ! Veillez surtout à éviter les moqueries, la culpabilisation, la réprimande et les menaces.

En effet, la notion de pudeur n’est pas innée et n’évoque rien à un enfant qui doit dès lors en apprendre les tenants et les aboutissants. Il convient alors d’expliquer à votre petit que certaines parties du corps sont intimes et ne doivent pas être touchées si l’enfant en face n’est pas à l’aise ou n’en a pas envie.

Il convient d’adopter une attitude calme. Il vous suffit d’enlever la main de l’enfant et de lui expliquer, s’il est en âge de comprendre, que cela ne doit se faire qu’en certains lieux, comme sa chambre par exemple.

Quels sont les actes sexuels qui sont anormaux chez les enfants ?

Néanmoins, il existe des situations dans lesquelles l’attitude d’un enfant n’est pas considérée comme « normale » et doit attirer toute votre attention. C’est par exemple le cas si la masturbation prend le pas sur le reste des activités et de la vie sociale et qu’elle est systématiquement pratiquée en public.

De même, il convient de prendre au sérieux des comportements inadaptés envers les autres enfants (menaces, tentative de pénétration, comportements sexuels vis-à-vis d’adultes…).

Dans de telles situations, n’hésitez pas à consulter un spécialiste qui pourra vous renseigner et vous fournir les meilleurs outils pour rétablir l’équilibre.