Laissez vos enfants se bagarrer

Laissez vos enfants se bagarrer !

Et c’est partie pour la reconstitution de la Guerre des clones, simulacres de combat de karaté ou réincarnations des Tortues Ninja version paillettes ou pas. Dark Vador et ses Jedi peuvent aller se rhabiller, votre jardin est un vrai champ de bataille où s’affrontent les zombies et les alliés à coup de tuteurs à tomates et de pelles en plastique ! Sans compter les dégâts causés par des bombes biologiques à base de tontes de pelouse et de pissenlits fraichement cueillis.

Rassurez-vous, ces jeux sont bénéfiques, malgré les regards ulcérés et emplis de jugement de vos voisins !

 » Quoi ? Je dois les laisser se taper dessus alors que je ne cesse de les reprendre, de peur qu’ils se blessent ? Mais pourquoi ? « 

Eh bien, figurez-vous que, d’après les scientifiques, se bagarrer permettrait aux enfants de s’intégrer socialement, de développer leurs capacités cérébrales et de booster leur confiance en eux ! Vous en doutez ? Lisez la suite !

Dans leur livre intitulé L’art de la bagarre (The Art of Roughhousing), les docteurs Anthony T. DeBenedet et Lawrence J. Cohen expliquent pourquoi les jeux brutaux peuvent favoriser les liens sociaux, résoudre les problèmes de comportement, renforcer la confiance et plus encore.   

Nous comprenons intuitivement que le bénéfice réside dans la dépense d’énergie des enfants. Mais ce qui l’est moins, c’est que ces jeux de bagarres développent également des neurones dans leur cortex et leur hippocampe : les deux régions du cerveau responsables de la mémoire, de l’apprentissage, du langage et de la logique. Selon les scientifiques, les enfants qui s’adonnent à ce genre de jeux réussiraient même mieux à l’école que ceux qui jouent seulement à des jeux plus calmes. 

Maîtrise de soi et coopération, voilà ce qu’ils ont à y gagner !

Quand les enfants jouent à la bagarre, ils apprennent la maîtrise de soi et le contrôle de leurs impulsions. Dans le cadre d’un jeu, ils n’ont nullement l’intention de blesser l’autre. Dès lors, ils développent la conscience de l’autre et la capacité à modérer leurs mouvements et coups. Ainsi la bagarre n’est juste qu’un gros chahut, assez bruyant, je vous l’accorde.          

L’autre bénéfice de cette forme de jeu est l’apprentissage de la coopération. En désignant un groupe de poursuiveurs et un groupe de poursuivis, les chasseurs et leurs proies ; autrement dit les enfants sont en mesure de deviner les intentions de leurs camarades et d’apprendre à respecter les règles.

Selon les experts, le déroulement du jeu suit toujours la même chronologie : une première phase tranquille où l’on se teste, suivie d’une phase d’énervement, avant un retour au calme. Les deux spécialistes conseillent donc de ne pas intervenir trop rapidement lorsque des enfants commencent à se disputer.

La bonne question à se poser est alors : comment faire la différence entre une situation maîtrisée et une dispute sur le point de dégénérer ? La solution réside dans la simplicité : posez-leur la question ! Est-ce que vous vous amusez ?  S’ils répondent tous par l’affirmative, laissez-les poursuivre leurs jeux. Ils finiront par résoudre le conflit entre eux.