Le guide de l’enseignement – Fiche 3 : Pourquoi des réseaux d’enseignement ?

En dehors de quelques très rares exceptions d’écoles privées, les écoles de la FWB, se trouvent dans plusieurs réseaux. Les réseaux sont définis selon plusieurs critères pour l’enseignement :

  • L’organisation : Le pouvoir organisateur qui prend les décisions concernant le choix des enseignants, les bâtiments, la répartition des frais, …
  • La présence ou non d’une confession, une religion, à la base de leur programme scolaire
  • Le financement reçu de la FWB (financement total ou subventionnement)

tableauguide3Tableau 1 : présentation comparative des réseaux d’enseignement en FWB

Petite explication en texte

Les écoles se distinguent notamment par le fait d’être organisées ou non par la Communauté française. Ainsi si toutes les écoles ont des subventions de la FWB, certaines sont directement organisées (choix des méthodologies, engagement des enseignants, valeurs principalement véhiculées…) par elles ou un organe administratif tel que la commune, la province ou la COCOF (Commission Communautaire française, à Bruxelles) coordonnées par le CPEONS (Conseil des Pouvoirs organisateurs de l’Enseignement officiel neutre subventionné) et le CECP (le Conseil de l’enseignement des communes et des provinces). Ces écoles (athénées, écoles provinciales et écoles communales) sont l’ENSEIGNEMENT OFFICIEL.

Les autres écoles sont organisées par des ASBL ou des congrégations religieuses. Les valeurs philosophiques véhiculées, par exemple, distinguent ces écoles des précédentes. Ces écoles dont le nom est souvent précédé du mot « Saint(e) » sont celles de l’ENSEIGNEMENT LIBRE, dans lequel on retrouve celles qui relèvent plutôt d’une religion, principalement les écoles catholiques, qui sont donc l’ENSEIGNEMENT LIBRE SUBVENTIONNE CONFESSIONNEL, coordonné par le SeGEC (Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique).

On retrouve aussi des écoles qui ne se réclament d’aucune religion et se distinguent de l’enseignement officiel par des choix méthodologiques différents, notamment les écoles « Decroly » comme nous l’avons expliqué plus haut. Celles-ci sont donc l’ENSEIGNEMENT LIBRE SUBVENTIONNE NON CONFESSIONNEL coordonné par la FELSI (Fédération des Etablissements Libres Subventionnés Indépendants) (1).
Si nous ramenons ces textes aux discours fréquemment entendus, notamment sous l’influence des médias français, nous avons un enseignement officiel, telle l’école publique laïque en France, qui est complètement sous le contrôle du politique. Ce contrôle politique s’opère soit par le ministère de la Communauté française qui en est le pouvoir organisateur, soit par des élus communaux et provinciaux qui sont en majeure partie les pouvoirs organisateurs.

En face, il y a deux réseaux qui seraient l’enseignement privé tel qu’il existe en France. Ces réseaux ne sont pas organisés par l’État mais ils le sont soit par des associations surtout religieuses, soit par d’autres dont le point commun n’est pas la religion mais des choix méthodologiques volontairement distincts de l’enseignement officiel. Nous insistons là-dessus : la comparaison avec l’enseignement privé français ou d’ailleurs s’arrête au fait de ne pas être organisé par l’état. Ainsi chez nous l’enseignement officiel et l’enseignement libre se partagent chacun la moitié des élèves à quelques pourcents près et les coûts de l’enseignement libre ne sont pas démesurément plus élevés que ceux de l’officiel. Enfin, si dans beaucoup de pays l’enseignement privé représente un choix réservé exclusivement à des familles très favorisées, ce n’est pas le cas de l’enseignement libre en Belgique.

 

Retenons donc qu’il existe principalement trois réseaux :

  1. l’enseignement officiel, organisé par des pouvoirs publics,
  2. l’enseignement libre catholique, coordonné par le SeGEC qui se distingue explicitement par les valeurs religieuses,
  3. l’enseignement libre non confessionnel, coordonné par la FELSI, ne représentant que très peu d’écoles, qui se distingue explicitement par les méthodes d’enseignement et la volonté d’être indépendant des pouvoirs institués.

 

1. Il demeure encore une petite frange d’écoles qui sont dans l’enseignement libre subventionné mais n’étant pas coordonnées par ces organes. C’est par exemple le cas des écoles Steiner mais ces écoles se comptant sur les doigts de la main, nous n’en parlerons pas dans ce livre à vocation pratique et non pas exhaustive.

Comment comprendre que les écoles ne fonctionnent pas toutes de la même manière ?

Pour le lecteur choqué de ces différences, notons qu’il en est de même dans bien des secteurs. Par exemple si tous les garages automobiles vendent des voitures et les réparent, la mise en pratique de ces deux « missions » et les services parallèles sont différents selon la marque de voiture et son prestige mais aussi selon le concessionnaire, la taille du garage, les ouvriers, les autres utilisateurs du garage, etc. Il en va de même avec les restaurants, les librairies, les garderies, les administrations communales …
Les écoles ont aussi leur propre fonctionnement qui se retrouve dans leurs propres « conditions de vente » sous la forme de projets éducatifs, pédagogiques et d’établissement.

Et pourquoi des ORC ?

Chaque réseau possède son ORC : Organe de représentation et de coordination. Ces organes sont ainsi des endroits de prise de décisions concernant les projets éducatifs et pédagogiques, les programmes, des formations continues, … Mais aussi de représentation dans les consultations qu’organisent les pouvoirs publics, ou lorsque l’administration réalise des évaluations externes par exemple pour vérifier que ces épreuves soient aussi bien calibrées pour un réseau que pour un autre. Voici, ci-dessous, les principales données de ces ORC.

tableau2guide3Tableau 2 : Principales données des ORC présents en FWB