Curio Junior : La Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale

Quand la Belgique entrait en guerre

Ce dimanche, nous serons le 10 mai 2020.

Il y a 80 ans tout pile, à l’aube du 10 mai 1940, la Belgique était envahie par l’Allemagne, l’un de ses voisins. L’aviation allemande bombarda sans aucune déclaration de guerre les aérodromes et des lieux stratégiques de notre pays. L’armée belge, qui n’était pas préparée, a été pris par surprise, « précipitée à l’improviste dans une guerre d’une violence inouïe ».

C’est ainsi que notre petit pays entra dans un conflit mondial pour la seconde fois de son existence.

Comment et pourquoi cela s’est-il passé comme ça ? Comment a débuté cette guerre en Belgique ? On t’explique !

Psst ! Comme toujours lorsqu’on parle d’Histoire et de guerres, on utilise plein de mots compliqués. Du coup, pour t’aider à bien tout comprendre, nous t’avons préparé un petit dictionnaire à télécharger ici, où tu retrouveras les définitions de tous les mots soulignés !

C'est la guerre !

Un des premiers objectifs des Allemands en Belgique était de neutraliser, d’empêcher d’agir le fort d’Ében-Émael, à l’est de la Belgique. Ce fort avait la réputation d’être imprenable !

Les Allemands savaient donc bien qu’ils ne pouvaient pas l’attaquer de manière habituelle. Ils décidèrent donc de profiter de l’effet de surprise en utilisant des planeurs qui se posèrent pendant la nuit sur la superstructure du fort, seul endroit qui n’était pas défendu.

Une fois arrivés là, il ne restait plus aux Allemands qu’à pénétrer dans le fort et à le « nettoyer », à chasser ses occupants (des soldats belges) à coups de lance-flammes et de charges creuses. Les soldats belges furent très courageux, ils résistèrent autant que possible, mais ils échouèrent malgré tout. Les Allemands étaient trop forts, les Belges durent se rendre.

Les ponts traversant la Meuse et le canal Albert furent eux aussi attaqués et pris de la même manière en quelques heures.

Regarde comment cela s'est passé !

Apprendre que le fort d’Eben-Émael avait été pris par les Allemands était une terrible nouvelle qui fit perdre le moral à l’armée belge. Mais elle continua à se battre malgré tout. De leur côté, les Chasseurs Ardennais luttèrent, avec force et courage, contre un ennemi bien plus fort, qui avait plus d’armes et plus de matériel. Mais les soldats belges  ne se découragèrent pas. Ils résistèrent et bloquèrent les blindés des Allemands qui attaquaient pour tenter de contourner par notre pays la ligne de défense française constituée par la redoutable ligne de fortification, la Ligne Maginot, et pénétrer en France.

Le savais-tu ?

Pour tromper l’ennemi et qu’il ne sache pas où les attaques allaient être menées, les Allemands larguaient des mannequins parachutistes, portant des uniformes et bourrés de paille. Certains étaient équipés d’un système qui, lorsqu’ils arrivaient au sol, déclenchait des explosions en série de pétards imitant le bruit des mitrailleuses.

La Belgique est en guerre !

Ca alors !

Dès le début de la mobilisation, certains racontèrent que derrière les plaques publicitaires de la firme belge Chicorée Pacha se trouvaient des messages à l’attention les soldats allemands. 

On se rendit bien vite compte que ce n’était pas vrai. En réalité, le petit dessin au dos des plaques n’était qu’une instruction pour l’ouvrier chargé de les fixer. Malgré tout, la population, qui doutait quand même, arracha ces plaques, salit les grands panneaux muraux et troua des paquets de chicorée…

Un fort très fort !

Le fort de Boncelles, qui faisait partie des douze forts protégeant Liège et qui fut le seul fort à ne pas s’être rendu, tomba quelques jours après celui d’Ében-Émael. La célèbre phrase du Commandant Charlier « Me rendre ? Jamais ! » figure sur le monument aux morts à l’entrée du fort.

Encore plus fort !

Encore plus fort ! Le fort de Tancrémont, près de Verviers, ne se rendit que le 29 mai 1940, soit un jour après la signature de l’armistice par les Belges.

En fait, son commandant croyait que l’ordre d’armistice ne concernait que l’armée de campagne. Il exigea d’obtenir la confirmation écrite de l’ordre de se rendre donné par le roi Léopold.

Le savais-tu ?

Au début de la Première Guerre, les forts de Liège résistèrent de manière héroïque, empêchant ainsi les Allemands d’envahir rapidement la France, comme ils voulaient pourtant le faire. Malheureusement, en 1940, la guerre changea totalement et les forts n’eurent plus vraiment d’utilité.

Les combats

Alors que les armées franco-britanniques (de France et d’Angleterre) arrivaient pour aider la Belgique, les troupes allemandes, elles, traversèrent les Ardennes, une région considérée comme difficile à franchir selon l’état-major français ! Les Panzerdivisionen fonçaient vers la ville de Sedan, en France.

En Belgique, la situation devenait de plus en plus compliquée. Notre armée de l’air fut totalement détruite par la Luftwaffe. Les forces terrestres, quant à elles, n’étaient pas dans une meilleure situation. Le 14 mai, l’ennemi envahi la moitié du territoire belge, suivant une ligne verticale passant par Anvers et Dinant.

Pour tenter de lutter contre l’envahisseur allemand,la Belgique décide de construire une ligne de défense, qui relierait les villes de Koningshooikt (à Anvers) et de Wavre. C’est la ligne KW. Au Nord de cette ligne se trouvaient les troupes belges, et en dessous de Louvain, les Anglais et les Français. À Namur étaient placés la 2e division de Chasseurs Ardennais et la 8e division belge.

Mais rien n’arrêtait les Allemands ! Les Alliés décidèrent donc de prendre une deuxième position défensive, cette fois derrière l’Escaut.

Le soir du 20 mai, dans la partie nord, deux divisions françaises se rajoutèrent aux troupes belges qui s’étalaient jusqu’à Oudenaarde (près de Gand, en flandre) et au sud de ce point jusqu’à Tournai, cinq divisions britanniques formaient le côté droit de cette formation militaire.

Armement

Combattre à l’aide de chars n’était pas quelque chose de nouveau à cette époque car ils avaient déjà été utilisés durant la Première Guerre. En revanche, c’était la première fois qu’on les utilisait, comme les Allemand le faisaient, en grande quantité et à un seul endroit, ce qui leur permettait d’enfoncer toutes les défenses devant eux.

Même si certains chars français étaient plus costauds et mieux équipés, ils ne purent pas faire grand-chose contre la force des Panzerdivisionen (division de char sallemand). 

Beaucoup de chars français tombèrent malheureusement en panne avant de rejoindre les combats. La première bataille de chars se déroula à Gembloux, dans la province de Namur.

Du courage !

En mai 1940, trois régiments de tirailleurs marocains arrivèrent à Gembloux avec pour mission de freiner l’avancée allemande. Le but était de permettre aux forces alliées d’installer une ligne de défense. Malgré les nombreuses et puissantes attaques des blindés et des fantassins allemands, la division marocaine résista avec courage pendant trois jours dans des combats allant jusqu’au corps à corps. Les Lions marocains, comme on les appelait, subirent de lourdes pertes. Sur les 2.300 soldats marocains entrés en Belgique, cinquante à peine purent rentrer chez eux.

Témoignage

Monsieur Clippe décrit le bombardement de la gare de la ville de Lobbes, tout près de Binche : 

« Quand j’ai entendu la sirène, j’étais sur le marchepied du wagon de queue et j’ai sauté en arrière en criant : « Couchez-vous tous à terre ! » (…). Une deuxième vague d’avions est repassée, elle a lâché ses bombes dans le chemin de la gare. Les résultats étaient terribles, à cause du train d’évacués de Liège et de la surpopulation de Lobbes qui avait été désignée comme point de ralliement pour les 16-35 ans de la région de Liège. Il y a eu 74 morts et 180 blessés. (…) On en a retrouvé jusque dans les arbres ou pendus aux fils électriques, c’était horrible ».

Le savais-tu ?

La ligne Maginot est au cœur de la stratégie défensive française. C’est une ligne de fortins et de galeries souterraines, armées de puissants canons, construite de 1928 à 1940. Lorsque la Wehrmacht (l’armée allemande) a attaqué la France, elle a d’ailleurs contourné et évité les zones dangereuses de la ligne. Avec le temps, l’expression « ligne Maginot » désigne une défense qu’on croit inviolable, mais qui se révèle totalement inefficace.

Si tu veux en savoir plus...

Conclusion

L’armée belge, au bord de l’effondrement, mais après avoir tenu le temps nécessaire pour que les Français puissent se retirer et que les Anglais puissent se replier sur Dunkerque d’abord, et de là sur leur Iles, abandonnée par ses alliés et bientôt à court de munitions, cessa finalement le combat le 28 mai à 4 h du matin. De nombreux Belges continuèrent cependant la lutte jusqu’à la victoire finale.

Les Belges, victimes de mensonges ?

Les soldats belges ont hélas été au centre de gros mensonges et accusés à tort d’être des traîtres ! 

Jereussis.be a donc souhaité tirer tout cela au clair à l’antenne, lors d’une interview d’Alain Jourdan dans l’émission Vivaweekend, sur Vivacité, avec Sylvie Honoré !

Donc, Alain, vous avez voulu remettre certaines choses au clair, au sujet de l’attitude des Belges, en 1940, au début de la guerre. Pourquoi ?

Effectivement, Sylvie. Cet été, nous célèbrerons les 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale à l’Ouest, c’est-à-dire chez nous, en Belgique, ainsi qu’en France et en Hollande. Et comme souvent, nous allons entendre nos voisins français parler de leur défaite en l’expliquant par le manque de combativité belge !

C’est donc faux, quand les Français disent que nous avons précipité leur défaite ? Mais pourquoi ont-ils dit cela ?

Tout simplement pour trouver des excuses à leur échec !

Le chef du gouvernement français a même  été jusqu’à mentir à la radio, en disant que les Belges avaient capitulé (abandonné) sans condition, en rase campagne. Pour les soldats, c’est considéré comme un véritable déshonneur, une insulte ! D’autant plus que nous n’avons pas « capitulé », et encore moins « en rase campagne » ! Nous avons signé un armistice (un document qui met fin aux combats entre plusieurs pays), ce qui est fondamentalement différent.

Les Français ont très rapidement su qu’ils étaient battus. Pas à case de ce qui s’est passé avec les Belges ! Mais avec le franchissement des Ardennes françaises, à Sedan, par les blindés allemands.

Et en plus, nous avons bien combattu !

Oui, Sylvie !

En raison de leur courage, les officiers belges ont pu même conserver leurs armes.

Le célèbre Rommel (un officier allemand) a d’ailleurs dit de nos Chasseurs Ardennais, je cite : « Ce ne sont pas des hommes, mais des loups verts » quand nous nous sommes repliés en Flandre. Nous avons fait subir aux Allemands des pertes plus importantes que toutes celles qu’ils avaient connues avant.

Et, au final, pour des gens qui n’avaient soi-disant pas combattu, en 18 jours, nous avions 6 000 soldats tués et près de de 16 000 blessés. Ce qui est énorme !

Puis, surtout, c’est nous qui avons été trahis.

Oui, et ça a commencé bien avant la guerre ! Déjà quand les Français n’ont pas continué la Ligne Maginot tout le long de la frontière belge, soi-disant pour ne pas que l’on pense qu’ils se méfient de nous. En réalité, ils voulaient seulement essayer de refaire comme en 1914, c’est-à-dire laisser une porte ouverte aux Allemands pour que l’on se batte surtout en Belgique.

Puis il y a eu les Anglais qui, un peu avant la guerre, ont proposé le Congo belge à Hitler à condition qu’il arrête ses revendications en Europe. Ensuite, sans nous prévenir, ces mêmes Anglais vont nous laisser seuls , nous abandonnant totalement, pour se replier sur Dunkerque.

Lord Gort, qui commandait les Anglais en Belgique, a carrément demandé à ses officiers si les Belges n’allaient pas les prendre pour des traîtres.

Une fois que les Anglais nous aurons abandonnés, les Belges combattrons encore pour permettre aux Français de se replier et nous les transporterons même dans nos propres camions.

Ce n’est qu’une fois épuisés, à court de munitions, que les Belges arrêteront le combat en demandant un armistice le 28 mai.

Et l’attitude de la population française, qui n’était déjà pas trop sympa, ne va pas aller en s’améliorant…

Déjà avant la capitulation du 28 mai, l’accueil en France fut loin d’être chaleureux partout. En mai 1940, la chaleur était accablante et certains Français en profitaient pour faire payer un simple verre d’eau.

Après la capitulation, ce fut pire. On refusait à boire aux Belges, en les traitant de « traîtres », on refusait de leur vendre le pain des Français.

Dans les rues, les commerces mettaient des affiches avec le message : « Rien pour les Belges ».

Les Flamands étaient traités de « Boches du Nord ! »

On arrachait les décorations à certains de nos militaires et des Belges, logés chez l’habitant, ont été expulsés, parfois avec leurs objets personnels, jetés dans la rue.

L’évêque de Lourdes, interdira même aux prêtres belges de dire la messe et de confesser, sous peine de péché mortel !

Quiz

Que s’est-il passé il y a tout juste 80 ans ?

C'est juste 🙂 Faux 🙁

Quel est le nom du fort belge qui a été pris par surprise par les Allemands ?

C'est juste 🙂 Faux 🙁

Au début de la guerre, une drôle de rumeur s’est mise à courir. Laquelle était-ce ?

C'est juste 🙂 Faux 🙁

Que sont les Panzerdivisionen ?

C'est juste 🙂 Faux 🙁

Qu’est-ce que la Ligne Maginot ?

C'est juste 🙂 Faux 🙁

Seconde Guerre
Oups

Pas mal

Super

Parfait

Réponses épisode “Les premiers secours” :

1) Comment sait-on si une blessure est grave ?
– En la reniflant
– En vérifiant si la personne n’a pas mal à la tête, si elle tient debout et si elle ne signe pas.
– En demandant à la personne si elle pense que c’est grave

2) La meilleure façon de se comporter lorsqu’on doit venir en aide à quelqu’un, c’est…
– D’agir calmement, sans paniquer
– De courir partout
– De pleurer très fort

3) Qu’est-ce qu’un sur-accident ?
– Un accident très très grave
– Un accident qui arrive après un autre accident
– Un accident qui se produit en hauteur

4) Quel est le nom de la position dans laquelle il faut mettre une personne inconsciente ?
– En position couchée sur le ventre
– En position accroupie
– En position latérale de sécurité

5) En cas de brûlure, mettre la brûlure sous une eau à 20 degrés, à 20 centimètres du robinet pendant 3 minutes
– Vrai
– Faux

6) Quel numéro faut-il appeler en cas d’urgence ?
– Le 123456789
– Le 9782875574523
– Le 112