OpenDyslexic : l’outil qui facilite la lecture des enfants dyslexiques.

OpenDyslexic : l’outil qui facilite la lecture des enfants dyslexiques.

La dyslexie, c’est quoi ?

Derrière ce terme devenu familier – presque un phénomène de mode – se cache une réalité bien moins amusante, surtout pour les enfants concernés par ce trouble.

Mais concrètement, qu’est-ce que la dyslexie ?

Selon l’APEDA, « la dyslexie – dysorthographie, aussi appelée TSLE (trouble spécifique du langage écrit) est un trouble spécifique et durable ralentissant ou empêchant l’acquisition et l’automatisation du langage écrit (lecture, production d’écrit, orthographe), de manière appropriée (précision et vitesse), chez un enfant ou une personne normalement intelligent(e), indemne de problèmes sensoriels (vue, ouïe), moteurs (IMC) ou psychologiques. »[1]

Autrement dit, il s’agit d’un trouble neurologique, sans aucun lien avec la déficience mentale, sensorielle ou avec l’environnement familial de l’enfant, qui affecte la capacité à lire, écrire ou épeler un mot.

Pour en savoir plus sur la dyslexie, cliquez ICI :

Et selon certains, la nature de ce trouble ne serait autre qu’anatomique. En effet, deux physiciens français, Albert Le Floch et Guy Ropars, expliquent que la difficulté que rencontre une personne dyslexique à capter et déchiffrer les lettres pourraient provenir de la tache de Maxwell, une zone de la rétine à forte concentration de photorécepteurs.

Chez les personnes non dyslexiques, les taches de Maxwell (une dans chaque œil) seraient asymétriques. Les physiciens expliquent :

« Celle de l’œil directeur est parfaitement circulaire tandis que l’autre a plutôt une forme de patate diffuse » […] Si par exemple vous regardez la lettre “b”, votre œil directeur va parfaitement l’imprimer dans une partie de votre cerveau tandis qu’une image inversée fantôme, donc un “d”, sera stockée dans une autre partie. Mais le cerveau ne tiendra pas compte de cette lettre fantôme. »[2]

En revanche, il semblerait que chez les personnes dyslexiques, les taches soient parfaitement identiques. Aucun œil ne dirige donc et le cerveau ne parvient pas à choisir la bonne lettre entre les deux images-miroirs.

Et face à des mots écrits en typographies « classiques », les personnes dyslexiques ne disposent d’aucun point d’accroche pour leurs yeux durant la lecture et sont totalement perdues.

Un logiciel libre et gratuit pour les dyslexiques ?

Soyez-en convaincus, la dyslexie n’est pas une fatalité. Il existe des outils développés pour les enfants dyslexiques dont OpenDyslexic, une police d’écriture gratuite et libre de droit, développée pour faciliter la lecture chez les personnes atteintes par ce trouble.

Cette police, créée en 2011 par Abelardo Gonzales, est née du simple constat qu’il n’existait pas de police de caractères conçues pour répondre aux besoins des dyslexiques. Une véritable aberration lorsque l’on sait que 10% de la population en souffre.

Quelle est la particularité de cette police ?

OpenDyslexic atténue, voire soulage certains symptômes de la dyslexie grâce aux espaces plus larges et à un dessin particulier des lettres. Les parties inférieures de ces dernières sont plus grasses, ce qui aide l’œil à s’orienter. 

Par conséquent, les dyslexiques identifient plus rapidement la lettre lue, en dissipant toute impression de mélange ou de désordre. L’impression de confusion habituellement ressentie par les dyslexiques diminue donc.

Cette police a été développée dans tous les styles – normal, gras, italique… – pour répondre aux exigences rédactionnelles et s’est même élargie aux besoins spécifiques des sciences et des mathématiques, notamment en développant des symboles ou l’alphabet grec adaptés aux besoins des dyslexiques.

Quel est l’avis des utilisateurs ?

À en juger par les témoignages, la réaction des utilisateurs est extrêmement positive. C’est d’ailleurs de ces avis que cette police d’écriture se nourrit puisqu’elle se veut évolutive et malléable. L’idée est de se servir des remontées de terrain afin que cette police, véritable outil pour les dyslexiques, soit la plus efficace et la plus proche possible de leurs besoins au quotidien.

Qu’en est-il de son utilisation dans les écoles ou chez les éditeurs jeunesse ?

Dans les écoles, son utilisation ne se résume encore qu’à l’initiative de certain(e)s enseignant(e)s qui n’hésitent pas à le tester en classe pour le bien-être de leurs élèves. Mais si ces exemples sont peux nombreux, il en ressort néanmoins une nette amélioration de la qualité de la lecture chez ces enfants.

Dans le monde de l’édition aussi les choses progressent.  Ainsi, des éditeurs francophones spécialisés dans le secteur de la jeunesse ont développé des collections disponibles au format numérique ou au format papier, afin de garantir le même plaisir de lire auprès de leur jeune publique. Petites histoires, romans, livres de jeux ou fables estampillés d’un logo à destination des Dys- figurent maintenant de plus en plus dans les rayons des libraires.

[1] https://www.apeda.be/comprendre-troubles-dys/les-differents-troubles/dyslexie/

[2] https://www.actualitte.com/article/monde-edition/les-causes-de-la-dyslexie-seraient-anatomiques/85551