Mon enfant joue à la guerre !

Mon enfant joue à la guerre !

Quid des fusils et autres armes-jouets pour les enfants ?

Plus d’un parent s’est déjà interrogé, en voyant son enfant jouer au soldat, à l’agent secret ou  au méchant, un pistolet à pétards ou des bâtons en main, proférant des menaces de mort ou de tortures dignes de la série Saw : Ce genre de jeu n’est-il pas dangereux pour le développement psychologique de mon enfant? Cela ne risque-t-il pas de lui apprendre la violence? Pire, ma fille n’est-elle pas une future psychopathe?

Comme beaucoup de jeux où l’enfant joue à faire semblant, il y a du bon et du mauvais dans les jeux de guerre.

Il existe cependant un cadre et des règles à établir pour que votre bambin ne devienne pas un futur Dark Vador en puissance. Il y a donc bien plus à penser que l’interdiction pure et simple, qui ne résoudrait de toute façon pas le problème.   

Pourquoi les enfants jouent-ils à la guerre ?

On parle ici de jouer à la guerre, pas de jeux vidéo (ce qui est tout à fait autre chose).

Ce genre de jeux, où l’enfant manipule des armes, commence en général à devenir intéressant pour l’enfant vers 3 ans et est plus fréquent chez les enfants qui regardent des programmes télé dans lesquelles interviennent des armes. Les dessins animés pour enfants présentent d’ailleurs des héros armés d’épée, de bouclier ou d’arc à flèche, héros en collant ou héroïnes en robe longue !

Outre Mulan, Princesse Mérida, Robin des Bois et consort, il se peut aussi que les enfants puisent leur imagination dans le programme dédié aux plus grands qu’ils pourraient visionner malencontreusement. Il est donc important, dans un premier temps, de surveiller ce que son enfant regarde à la télévision ou sur internet.

Cependant, Céline Buntz, psychologue clinicienne, précise toutefois que même sans télévision ce type de jeu subsisterait.

Pourquoi ces jeux de guerre ou de combats ?
  • Tout d’abord, les enfants comme les adultes évoluent entre douceur et agressivité. Ils ont eux-mêmes leur trop-plein d’émotions et de pulsions qu’ils ont besoin de décharger !
  • Le combat est une manière de trouver et d’affirmer sa place en société
  • Cette reproduction du monde des adultes est une étape de sa construction, tout comme jouer à papa et maman.

Même si ces jeux peuvent paraître rédhibitoires, les enfants peuvent malgré tout en tirer un enseignement précieux.

Loin d’augmenter l’agressivité, ils permettent à l’enfant :

  1. D’extérioriser certaines angoisses (combattre un monstre imaginaire caché sous son lit ou revivre une scène de vie pour évacuer la peur).
  2. De développer la coopération, puisque les enfants peuvent jouer ensemble pour combattre un ennemi fictif.
  3. D’assimiler les notions de défense et autodéfense.
  4. Intégrer des faits et comportements réels par un simulacre.
  5. De stimuler leur imagination : en jouant à la guerre, les enfants imaginent tout un monde symbolique, tout comme lorsqu’ils jouent aux princesses, pirates et autres personnages à la mode du moment et qu’ils se plaisent à incarner.

Jouer, OK, mais pas n’importe comment !

Certains parents peuvent être réticents à laisser leur enfant jouer avec des armes factices, à juste titre.

Cependant, voici quelques conseils qui permettront de cadrer ce type de jeu sans sacrifier les valeurs humaines ou d’envoyer le fils du voisin à l’hôpital.

  1. Puisque ces jeux ont pour finalité de stimuler l’imagination, pourquoi ne pas leur proposer de les fabriquer eux-mêmes avec des objets de récupération (rouleau de papier toilette, morceaux de bois…) ? Le jeu et les armes de leur conception garantissent une distanciation entre fiction et réalité, bien plus que certains jouets trop réalistes qu’on trouve dans le commerce. Cette manière de procéder est bien plus constructive que l’interdiction. L’interdit est une forme de répression qui incite à la désobéissance et à l’obstination des enfants.
  1. Normalement, les enfants ont la capacité de faire la distinction entre le jeu et la réalité. Si bien que lorsqu’on tue, on ne tue pas pour de vrai. Cependant, il est toujours bien de poser des limites fermes : on fait semblant ! Donc, interdisez les vrais coups, même légers, même pour du faux.

 

  1. Mettez des déguisements à leur disposition : déguisé en cowboy ou en ninja, les personnages qu’ils incarneront prendront d’autant plus d’importance que le combat en lui-même. À nouveau, ils comprendront qu’il s’agit d’un jeu et pourront imaginer toute une histoire autour du sujet, dans laquelle éventuellement interviendra une arme, plutôt que de bêtement jouer avec un fusil.
  1. Essayez également de pousser les enfants à jouer du même côté : qu’ils s’allient contre un méchant imaginaire, par exemple vous. En étant le méchant à abattre les enfants se retrouvent du côté bien plus valorisant des gentils. Une bonne stratégie pour apprendre à faire la différence entre le bien et le mal et les pousser à résoudre une situation conflictuelle plutôt que de se battre l’un contre l’autre.
  1. Proposer un art martial est une autre alternative au jeu de combat, avec l’avantage non négligeable d’être canalisé et encadré par des professionnels.