Les écrans et les enfants, le temps d’utilisation idéal à chaque âge

Autant Obélix ressort avantagé de sa surconsommation de potion magique alors qu’il était tombé dedans étant petit, autant nos enfants subiront les conséquences dramatiques d’une consommation abusive d’écrans en tous genres.

Des divertissements addictifs… mais pas sans conséquence

Certes, la diversité des contenus proposés sur les écrans est telle qu’il y a de quoi occuper les enfants du lever au coucher sans interruption ! Jeux, coloriages, dessins animés, livres audio, émissions, clips musicaux, trailers, sites web et, les grands champions toutes catégories, les Réseaux sociaux, composent un éventail de choix pour une paix garantie dans notre transat, les doigts de pieds en éventail avec pour seule compagnie notre bouquin préféré.

Mais s’il a l’avantage de nous procurer quelques instants de calme dans notre vie de parents débordés, l’usage abusif des écrans peut se retourner contre nous quelques années plus tard par l’apparition de désordres psychologiques, physiques et sociaux.

Nous parlons ici d’un risque accru d’obésité, de troubles du sommeil, de retards de langage, de problèmes scolaires, précise la Dre Jenny Radesky, professeur au sein de la division du développement comportemental pédiatrique à la faculté de médecine de l’Université du Michigan.

Ne dit-on pas que l’excès nuit en tout ?

La solution ne réside certainement pas dans l’interdiction pure et simple des écrans ! Ils font partie de nos modes de communications et d’informations et les marginaliser serait néfaste.

La solution est donc de fixer des limites !

OK les petits génies. Et on fait comment pour fixer des limites à nos petits addicts des écrans ? Voici quelques règles faciles à appliquer pour y arriver.

1. Définir des contenus adaptés à leur âge

Tout d’abord, et cela semble évident, il convient de bannir les images violentes qui ne sont évidemment pas appropriées aux enfants, tant à la télévision que dans les jeux vidéo.

Mais il faut aussi essayer de le détourner un maximum (vous n’y arriverez pas complètement, rassure-vous) des programmes ou des jeux sans grands intérêts (passer des heures à faire sauter un petit singe pour qu’il attrape des bananes n’est ni intéressant pour développer les mathématiques ni utile à l’agilité, hormis celle des pouces...)

Par contre, vous fixerez son attention sur des programmes ou des jeux éducatifs. Vous éveillerez son intérêt vis-à-vis de cette catégorie de contenu en lui faisant partager le vôtre, en commençant à y jouer ou en les regardant avec lui.

Des recherches ont montré que, dès la maternelle, des enfants peuvent apprendre grâce aux émissions de télévision éducatives. À ce sujet, une étude réalisée en 2015 a analysé l’influence du programme « Sesame Street », une série télévisée éducative américaine diffusée par PBS depuis 1969, sur le niveau de connaissance. Il ressort de cette étude que les enfants qui regardaient cette émission faisaient preuve de meilleures aptitudes scolaires.

2. Fixer une limite de temps quotidienne

La Dre Elizabeth Sowell, directrice du Laboratoire de neuro-imagerie et de développement cognitif de l’Hôpital des enfants de Los Angeles, conseille un usage des écrans restreint en fonction des âges, et cela pour tous types d’écrans confondus (télévision, tablettes, ordinateurs et téléphones mobiles).

Les enfants en bas âge doivent apprendre et développer de nombreuses compétences. Et celles-ci requièrent une interaction sociale que ne peut fournir un écran à deux dimensions, indique-t-elle.

Voici les recommandations officielles sur le temps-écran des enfants :

En Amérique du Nord et en Europe, plusieurs directions de santé publique et associations de pédiatres ont formulé des recommandations concernant l’exposition des tout-petits aux écrans.

Avant 2 ans

Au Canada, la Société canadienne de pédiatrie, les Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire et la direction de santé publique de Montréal s’entendent pour dire qu’avant 2 ans, idéalement, un tout-petit ne devrait pas être exposé à la télévision ou à tout autre écran.

Aux États-Unis, l’Académie américaine de pédiatrie indique pour sa part que les enfants de 18 mois et moins ne devraient pas être exposés aux écrans, sauf si c’est pour utiliser une application de clavardage vidéo (ex. : Skype et FaceTime).

Entre 18 mois et 24 mois, les parents qui le souhaitent peuvent introduire les écrans. Cependant, les émissions et les applications choisies doivent être de grande qualité et les tout-petits doivent être accompagnés d’un adulte qui peut les aider à comprendre ce qu’ils voient à l’écran.

De 2 ans à 5 ans

L’Académie américaine de pédiatrie indique que le temps-écran des enfants de 2 ans à 5 ans ne devrait pas dépasser une heure par jour.

Elle recommande non seulement des émissions et des applications choisies avec soin pour leur qualité, mais aussi un accompagnement des enfants par leurs parents, afin de lui expliquer ce qu’il voit et comment cela s’applique au monde qui l’entoure.

Les parents devraient aussi s’assurer que les écrans ne remplacent pas d’autres activités essentielles au développement de l’enfant comme le jeu libre, les interactions sociales ou le sommeil.

Après 5 ans

Au Canada, les Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire indiquent que les enfants de 5 ans à 11 ans devraient limiter leur exposition aux écrans (télévision, jeux vidéo, Internet) à un maximum de deux heures par jour.

L’Académie américaine de pédiatrie précise que les écrans devraient être éteints au moins une heure avant d’aller au lit.

Nous terminerons ce point en évoquant Serge Tisseron, psychiatre français, docteur en psychologie et membre de l’Académie des technologies. Il explique que la prise de conscience, concernant leur propre temps d’utilisation des écrans, est absolument nécessaire chez tous les adultes, car les enfants jeunes sont très sensibles à l’avis de leurs parents.

Mais ils ont aussi tendance à les imiter. Et il sera beaucoup plus facile à un enfant de limiter son temps d’écran s’il voit ses parents faire de même...

3. Fixer un rythme d’utilisation

La journée des enfants doit être rythmée quotidiennement de la même manière.

Il est toujours utile d’avoir un emploi du temps ou une routine, car les enfants fonctionnent mieux en suivant un certain rythme et ont tendance à mieux accepter les limites de cette manière, explique le Dr Radesky.

Ainsi, dites à vos enfants qu’ils ne peuvent utiliser la télévision, la tablette et le téléphone portable qu’à certains moments de la journée ou le weekend.

4. Définir les lieux où l’usage des écrans est autorisé

Fixez des règles en ce qui concerne la localisation des écrans de télévision à la maison, par exemple dans certains espaces tels que la cuisine ou le salon.

Pas d’écrans dans les chambres. La télévision, le PC et la tablette sont les ennemis du sommeil des enfants.

5. Préserver les moments de convivialités 

Évitez de regarder la télévision pendant les repas. De même, imposez la mise à l’écart des tablettes et téléphones portables à table ou durant les moments propices à la discussion. À table, on se parle de vive voix !

6. Mettre fin aux caprices avant qu’ils ne commencent

Il n’est pas rare que les enfants s’énervent lorsqu’ils doivent renoncer à la technologie. Frustration oblige ! Proposer une alternative telle que le jeu, une balade ou une histoire est un bon moyen de désamorcer la crise avant qu’elle ne pointe le bout de son nez. Ce jeu peut être inspiré de l’émission qu’ils regardaient avant que vous n’éteigniez la télévision.

7. L’astuce du minuteur 

Mettez en place un système de minuterie, quand elle sonne, il est temps d’éteindre l’écran.

8. Loin des yeux, loin du cœur

Une fois que vous éteignez la tablette, mettez-la hors de la vue de l’enfant. Une bonne tactique pour ne pas lui rappeler l’objet de sa convoitise.

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