Les écoles spécialisées en Fédération Wallonie-Bruxelles

Les écoles spécialisées en Fédération Wallonie-Bruxelles

Longtemps appelé enseignement « spécial » ce type d’écoles a été créé en 1970. La modification du nom indique toute l’importance de cet enseignement. En effet dire d’une personne qu’elle est « spéciale » est très différent de la qualifier de « spécialisée ». Il en va de même avec cet enseignement qui accueille, au sein de 250 écoles, les enfants ayant une caractéristique particulière, difficilement prise en charge dans les écoles ordinaires. Ces difficultés peuvent être passagères ou non. Ces élèves, près de 18 000 pour l’enseignement maternel et primaire en 2011, représentent, pour le primaire, 5% des élèves.

Quel type d'accompagnements dans les écoles spécialisées

L’accompagnement supplémentaire se fait avec une équipe éducative beaucoup plus diversifiée que celle des écoles ordinaires puisque l’on peut y retrouver des kinésithérapeutes, des infirmières, des logopèdes, des assistants sociaux… afin d’offrir l’accompagnement le mieux adapté aux élèves.

Selon les caractéristiques des élèves, les enseignements organisés sont « typés ». Cela signifie qu’ils sont regroupés par classes, de 5 à 12 élèves, dans un des 8 types décrits dans le tableau suivant.

Les types 1 et 8 n’existent pas au niveau maternel, et dans le secondaire ces « types » sont rassemblés en 4 « formes ».

En pratique, on rencontre parfois des enfants nécessitant des enseignements différents dans une même classe, afin d’obtenir des effectifs de classe suffisants. On peut donc rencontrer dans une seule classe trois élèves souffrant d’arriération mentale légère, deux de troubles du comportement et trois autres de troubles instrumentaux. Attention encore, toutes les écoles spécialisées n’organisent pas tous les types d’enseignement.

Le programme dans les écoles spécialisées

Le programme suivi par les élèves n’est pas identique à celui de l’enseignement ordinaire. Si le but visé est bien d’assurer le droit à l’éducation pour chaque enfant, même ceux pour lesquels l’enseignement ordinaire n’y arrive pas, ici plus que dans le reste de l’enseignement, le « potentiel » de l’élève détermine son niveau futur de compétence.

En d’autres termes, l’enseignement ordinaire prend en compte le « potentiel » des élèves mais doit atteindre les compétences minimales des socles de compétences (1). Dans l’enseignement spécialisé, si celles-ci sont bien visées, leur atteinte n’est pas toujours possible dans le cas de certains enfants.

Les élèves du primaire spécialisé ne sont pas « classés » par année, mais par degré de maturité. Ainsi, au cours d’une année, un enfant qui maîtrise différentes compétences atteindra le degré de maturité supérieur.

Soulignons que le travail qui y est réalisé permet de grands progrès aux élèves qui parfois « stagnaient » voire « rétrogradaient » dans l’enseignement ordinaire qui leur était totalement inadapté.

D’ailleurs, dans ces cas, l’enseignement spécialisé est sans doute, actuellement, le seul qui peut assurer l’intégration sociale et/ou l’insertion professionnelle. Ajoutons que, par exemple, un élève ayant des grosses déficiences auditives peut de toute évidence atteindre le CEB, diplôme obtenu à la fin de l’école primaire, via l’enseignement spécialisé.

Il est ainsi possible de réintégrer l’enseignement ordinaire après un passage dans l’enseignement spécialisé mais ce n’est pas fréquent, moins de 10% des élèves sont réorientés de l’enseignement fondamental spécialisé vers l’enseignement ordinaire et ce sont le plus souvent des élèves de 13 ans qui réintègrent alors l’enseignement ordinaire en entrant dans le secondaire. Plus particulièrement, ce sont ceux souffrant de troubles instrumentaux qui quittent le plus l’enseignement spécialisé pour rejoindre l’ordinaire.

Retour à l'enseignement ordinaire

Comme pour l’inscription dans l’enseignement spécialisé qui peut se faire à tout moment de l’année, ce sont les parents, sur la base de l’avis motivé de l’équipe éducative et donc du centre PMS, qui peuvent prendre cette décision de retour vers l’ordinaire. Dans ce cas,

  • soit l’élève suit une partie des cours dans l’enseignement ordinaire et l’autre dans le spécialisé,
  • soit il poursuit tous les cours dans l’enseignement ordinaire.

Dans un cas comme dans l’autre, l’école « ordinaire » est assistée, au début du moins, de l’expertise de l’école spécialisée.

Depuis quelques années, ce mouvement est en expansion, notamment parce que la FWB soutient, surtout depuis 2009, les initiatives d’intégration. Cela signifie qu’elle met des moyens à disposition pour permettre que dans une école ordinaire un professionnel supplémentaire, voire plus, soit une aide pour ces enfants issus du spécialisé.

La FWB a élaboré, en 2012, un document recommandable vu ses précisions et son accessibilité sur l’enseignement spécialisé. Il est disponible en format PDF sur le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles en suivant ce lien.