Gagner ou perdre « exprès »; comment jouer avec ses enfants ?

Vous avez peut-être remarqué en jouant avec votre enfant que, si au début il prenait du plaisir à jouer pour jouer, en grandissant, il commence à développer un esprit de compétition, à être mauvais perdant et jusqu’à ce qu’il refuse de jouer. Vous culpabilisez alors et vous dites : aurais-je dû le laisser gagner ? Voici la réponse à votre question !

Les différents types de jeux de société pour enfants

1. Les jeux de hazard

En ce qui concerne les jeux basiques (jeu des 7 familles, bataille, valet puant…), les capacités intellectuelles du joueur ne sont pas déterminantes pour gagner la partie, puisqu’ils reposent avant tout sur le hasard. Ils sont importants dans la mesure où l’enfant pourra perdre un jour et gagner le lendemain et que l’explication que vous pourrez lui donner est simple : Tu n’as pas de chance, ce sera pour la prochaine fois ! ou Je n’ai vraiment pas de bol, j’espère gagner la partie suivante ! 

2. Jeux de société

En ce qui concerne les jeux dits de société (Monopoly, Cluedo, jeu de Dames, Backgammon…), on fait appel aux capacités intellectuelles de l’enfant. Il faut les choisir soigneusement, pour que ceux-ci soient adaptés à son âge : qu’il ne le trouve ni trop facile ni trop compliqué, quitte à adapter un peu les règles du jeu au fur et à mesure qu’il développe la logique, l’intuition, la stratégie ou la réflexion nécessaire (attention : les règles cependant doivent être claires et fixées au début de la partie, ne pas changer en cours de route et être les mêmes pour tous les participants). Suivre des règles, sans tricher, fait partie de l’apprentissage de l’enfant. Il devra donc apprendre à perdre, mais aussi (et on oublie souvent ce paramètre) à gagner avec fair-play.

Le laisser gagner ? Oui, mais pas tout le temps !

Lorsque vous jouez avec votre enfant à des jeux de société, le risque en le laissant gagner systématiquement sera d’entretenir l’idée qu’il est le plus fort. Dès lors, il présentera certaines difficultés, en jouant avec d’autres personnes ou d’autres enfants, à accepter la défaite.

Au contraire, si vous le battez à chaque fois à plates coutures, il s’avouera vaincu avant même de commencer et aura de moins en moins envie de jouer.

Le but du jeu étant de développer les compétences de l’enfant, il est important qu’il prenne du plaisir à jouer : perdre pour progresser et mettre en place des mécanismes qui lui permettront de gagner la fois d’après ; gagner pour lui apporter de la confiance.          

La meilleure solution est donc d’alterner : en lui donnant un petit coup de pouce pour le laisser gagner de temps en temps, il progressera jusqu’à vous battre à la régulière.

N’hésitez pas à jouer à des jeux qui mettent en avant des capacités différentes, il aura peut-être plus de facilités dans l’un d’eux, ce qui le rassurera. Quant aux difficultés qu’il rencontrera avec un autre jeu, les identifier l’aidera à progresser. Et s’ils mettent en scène des éléments qu’il affectionne particulièrement, cela peut le motiver.

Montrer l’exemple

D’où l’importance également de donner l’exemple : puisqu’on sait que les enfants imitent le comportement des parents, montrez-vous bon joueur !

– Si vous perdez, exprimez votre déception, mais mettez surtout en avant le fait qu’il ne s’agit que d’un jeu et qu’on ne peut pas toujours gagner, mais que l’important est d’avoir passé un bon moment.

– Si vous gagnez, ne mettez pas l’accent sur le plaisir d’avoir gagné, mais plutôt sur le bon moment que vous avez passé ensemble.       
Essayez de voir avec lui ce qu’il aurait pu faire différemment et ce qu’il pourrait mettre en œuvre la prochaine fois pour gagner.

Cela vaut également lorsque vous jouez entre adultes et que les enfants ne sont qu’observateurs.

Exemple : un match de foot entre amis, un jeu de société avec votre enfant sur les genoux.

Même si votre enfant ne participe pas directement, il imitera vos réactions, tant dans la victoire que dans la défaite.

Au secours : malgré tous ces conseils, mon enfant est mauvais perdant !

Malgré tous vos efforts, il est possible que votre enfant, même s’il accepte facilement de perdre contre vous, ait une réaction plus violente en cas de défaite en jouant contre un ami.

En effet, s’il trouve normal qu’un adulte, plus âgé et donc plus expérimenté, voire idéalisé, puisse le battre, il lui sera plus difficile d’accepter d’être battu par un enfant de son âge, face auquel il se sentira inférieur. 

Quelle solution envisager pour les enfants mauvais perdants ?
  1. Lui proposer de s’exercer à ce jeu. C’est le moment de l’encourager, lui faire prendre confiance et lui expliquer qu’il n’est pas moins fort ou moins malin qu’un autre et pointer les compétences qu’il a développées et acquises, en l’aidant dans celles qu’il lui reste à acquérir.
  2. Les jeux de société coopératifs. Pour ce type de jeux, il n’y a ni gagnant ni perdant, mais chacun participe dans un but commun, comme un Escape Game. On gagne ou on perd ensemble ! L’atout des jeux de société coopératifs est qu’ils stimulent l’entraide entre tous les joueurs, sans mise en compétition.