Fortnite et autres jeux Vidéo, un fléau ?

À notre époque, nos enfants sont submergés par les multiples jeux vidéo disponibles sur le marché, tant via les téléphones, tablettes, ordinateur que via des consoles de jeu. Sans compter qu'ils y ont accès très souvent dès leur plus jeune âge. Mais c'est le monde dans lequel ils sont nés et il est inévitable qu’ils y jouent, même si vous, issu de la génération Y – et que vous avez encore pu vous amuser rien qu’avec vos Flippos et des cartes Space X –, éprouvez quelques réticences à laisser votre progéniture s’amuser devant ces idioties.

La tendance du moment ? Le jeu Fortnite qui fait fureur au point que votre enfant vous supplie certainement pour y jouer. Mais que faire face à cette diversité de l'offre, et aux effets de mode qui poussent incontestablement le jeu vidéo parmi les divertissements les plus prisés ?  Dois-je le laisser jouer en prenant le risque qu’il devienne accro ? Dois-je lui interdire, sous peine de pousser mon gamin sur le banc des marginaux de la classe ? Alors que tous ses copains essayent de sauver le monde ?

 

L’excès nuit en tout

Comme tout, un excès de jeux vidéo et une utilisation non encadrée de ceux-ci, peut se révéler dangereux, mais avec les quelques conseils que vous trouverez ci-dessous (Que Faire ?), vous serez armés pour aider votre enfant à jouer intelligemment dans un cadre clair, plutôt que de lui interdire de jouer purement et simplement.

Les pour

  1. Dans les jeux vidéo en ligne qui nécessitent une interaction avec d’autres joueurs, comme Fortnite, l’enfant est amené à coopérer avec d’autres joueurs et cela l’aidera donc à créer des liens, à avoir un centre d’intérêt commun avec les copains/copines qu’il retrouvera le lendemain à l’école et avec qui il pourra échanger sur leurs dernières cyberaventures.
  2. Un enfant qui n’est pas très sur de lui, ou un enfant qui a des difficultés à l’école, trouvera une certaine gratification à réussir une mission dans le jeu et, même si cela s'applique dans un domaine restreint, cela peut l’aider à retrouver confiance en lui, à ne pas se sentir bon à rien. Attention, de nouveau, il faut surveiller le comportement de l’enfant : si celui-ci ne trouve de la satisfaction et de l’estime de soi QUE dans le jeu vidéo, il y a alors un problème plus profond à résoudre, avec l’aide de spécialistes.
  3. Les jeux vidéo font souvent intervenir tout un tas de compétences qui seront utiles à l’enfant tout au long de sa vie. La logique, la vitesse, l’analyse ou traitement de données par exemple, l’aideront à développer des capacités intellectuelles qui ne seront pas forcément sollicitées dans des jeux plus classiques. Certains jeux, ancrés dans un contexte réel, permettent même d’apprendre des faits d’Histoire ou de culture générale.
    Certains jeux d’enquête ou de logique stimulent, eux, l’esprit de déduction de l’enfant et ses capacités de déduction.
    Les jeux vidéo qui ont la côte auprès des enfants et des ados sont ceux qui ont un univers total car ça stimule leur créativité.
  4. Enfin, on constate également que le fait de devoir progresser de niveau en niveau sans baisser les bras et à recommencer en cas d’échec jusqu’à passer au niveau supérieur développe la persévérance à long terme chez l’enfant, ce qui peut l’aider dans la pratique d’un sport ou même à l’école.

Bien entendu, toutes ces qualités ne sont pas présentes dans tous les jeux vidéo, c’est pourquoi il est très important de vous y intéresser et de ne pas laisser votre enfant jouer à n’importe quel jeu, sans surveillance de votre part. Vérifiez que les jeux auxquels il joue véhiculent des valeurs qui vous tiennent à cœur et respectueuses de l’autre.

Les contre 

Il y a évidemment tout un tas de paramètres à prendre en considération avant de laisser son enfant s’installer devant son ordinateur, tablette, télévision.

  1. Devant un écran, l’enfant est assis, il ne pratique aucune activité physique, or on sait que les enfants font déjà trop peu d’activité physique par rapport au temps recommandé par l’OMS, tant pour rester en bonne santé que pour la psychomotricité.
  2. Le taux de mélatonine, hormone du sommeil, est influencé par la lumière qu’émettent les différents écrans. Il faut donc éviter d’y être scotché le soir, au risque d’éprouver des troubles du sommeil (cela est également valable pour les adultes).
  3. Le risque de dépendance au jeu peut évidemment se présenter. Celui-ci cache souvent un problème plus profond de mal-être dans la société ou d’estime de soi. On peut certes être alerté par le nombre d’heures passées devant les jeux vidéo, mais d’autres signes inquiétants peuvent être des troubles du sommeil, une certaine anxiété, voire irritabilité. D’où l’importance, à nouveau, d’encadrer votre enfant et d’être attentif à son comportement.
  4. Comme dit plus haut, il est important que le parent surveille le contenu des jeux vidéo et les valeurs qu’ils véhiculent auprès de votre enfant. En effet, l’enfant sera tenté d’adopter les mêmes habitudes dans la vie que dans le jeu. Si un jeu réaliste peut paraître plus intéressant, il est par contre plus risqué, puisque l’enfant aura moins de facilités à faire la différence entre ce cybermonde et le monde réel, s’identifiant beaucoup plus facilement au personnage. Il pourrait alors se dire que si son avatar peut résoudre ses problèmes par la violence, il peut lui aussi le faire dans la vie de tous les jours.
  5. Si les jeux vidéo multijoueurs peuvent renforcer les relations de copains qui jouent entre eux, il ne faut pas oublier cependant qu’on peut également jouer avec des inconnus, de tout âge. Il y a également des forums de discussion mis à disposition des joueurs pour échanger à propos du jeu, comme ils sont rarement modérés, le contenu peut être inapproprié, voire risqué pour un enfant.

Par contre, les effets négatifs des jeux vidéo violents sont beaucoup moins importants lorsqu’il s’agit de jeux collaboratifs, car le jeu en équipe réduit l’effet de la violence en développant, en premier lieu, les capacités de collaboration et d’entraide. Peu importe l’âge de votre enfant, les moins bons jeux vidéo sont violents, réalistes et individuels.

Doper la dopamine !

La dopamine est un neurotransmetteur qui influe directement sur le comportement, nécessaire au bon fonctionnement du cerveau, notamment au niveau de l’attention, de la gestion des émotions.

Lors d’une session de jeu vidéo, la dopamine est utilisée par le cerveau et  si cette session est prolongée, elle peut venir à manquer.

N’hésitez donc pas à encourager votre enfant à refaire ses réserves de dopamine en allant s’aérer et à veiller à ce qu’il alterne les séances de jeux vidéo et d’activités au grand air.

Que faire ?

Pour que votre enfant profite des joies du jeu vidéo sans que cela puisse lui nuire, voici quelques conseils :

  1. Mettez des limites claires : on recommande de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans aux écrans.
    Jusque 5 ans, on ne recommande pas plus d’une heure par jour. Et pas plus de deux heures jusque 11 ans.
    Bien sûr, vous êtes un modèle pour votre enfant : essayez de ne pas passer trop de temps sur votre téléphone, tablette, ordinateur devant lui.
  2. Pas d’écran dans la chambre de votre enfant : il est important que vous puissiez surveiller les moments où il joue et en règle générale ce qu’il fait sur Internet. De plus, de cette façon, il ne sera pas coupé de la vie familiale, vous pourrez interagir avec lui, voire s’intéresser au jeu auquel il joue. Vous aurez de cette façon un centre d’intérêt commun et pourriez jouer ensemble, en mode coopération.
  3. Critiquer gratuitement un jeu qu’il affectionne (par exemple encore en train de jouer à ton truc débile) reviendra pour lui à le critiquer directement. Cela peut le blesser, voire l’humilier et lui faire perdre confiance en lui ou le pousser à se renfermer.
  4. Si le jeu auquel il joue vous paraît réellement idiot, demandez-lui en quoi il est intéressant pour votre enfant : une facette vous aura peut-être échappé, ou au contraire, lui poser la question lui fera peut-être se rendre compte que le jeu n’a pas grand intérêt. Proposez-lui dans ce cas une alternative moins gagatisante.
  5. Les jeux à éviter : jeux de violence, jeux trop réalistes, jeux individuels.
    Il vaut toujours mieux coopérer pour résoudre une situation conflictuelle que de se battre contre un autre joueur, au risque de transposer ces pratiques dans la vie de tous les jours, d’autant plus quand le jeu, très réaliste, laisse peu de place à l’imagination et la distanciation. L’enfant doit toujours être conscient qu’il JOUE.
  6. Renseignez-vous sur les jeux que votre enfant aime et proposez-lui des jeux de différents types (stratégie, action, coopération, logique...) pour qu’il puisse développer des compétences et centres d’intérêt différents.
    Vérifiez également que les valeurs qu’il véhicule sont respectueuses de l’autre, de la diversité culturelle ou de la différence. Important également : le jeu doit être adapté à l’âge de l’enfant et surtout à son niveau de compréhension.