Un tronc commun allongé pour moins d’inégalités

Dans "les pays à filières, cumulant orientation précoce et redoublement", les performances Pisa "sont moins élevées" et "les écarts entre élèves, entre forts et faibles, entre favorisés et défavorisés, sont plus importants".

Selon une équipe de chercheuses de l'ULg, l'organisation précoce de l'enseignement en filières peut être liée à de moins bonnes performances globales aux tests Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) ainsi qu'à des écarts plus importants entre élèves. Les conclusions de l'analyse réalisée, qui plaident pour un tronc commun allongé comme ce que propose le "Pacte pour un enseignement d'excellence", sont rapportées lundi par Le Soir.

"Proposer de reporter le moment où on oriente les élèves vers l'enseignement qualifiant, c'est le but du tronc commun jusque 15 ans, est la principale manière de lutter contre les inégalités sociales", appuie la professeure Dominique Lafontaine, spécialiste en Sciences de l'éducation. 

"Bonne piste"

Son équipe a observé que dans "les pays à filières, cumulant orientation précoce et redoublement", les performances Pisa "sont moins élevées" et "les écarts entre élèves, entre forts et faibles, entre favorisés et défavorisés, sont plus importants", selon les explications de Valérie Quittre, chercheuse. Or, c'est précisément le cas du système éducatif de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui est "fortement différencié à la fois verticalement et horizontalement". 

Comme l'explique Dominique Lafontaine, "les pays où l'ampleur des différences de performances entre écoles est réduite sont les pays où le tronc commun est long. (...) Quand on laisse tout le monde sur la même voie le plus longtemps possible, on prévient toute une série de scénarios discriminants". Elle prévient toutefois: si "l'allongement du tronc commun prôné par le Pacte d'excellence est 'la' bonne piste", "il reste l'essentiel: être ambitieux sur ce qu'on va y mettre".