Le Saint Nicolas « belge » ancêtre du Père Noël

Bientôt le Père Noël va passer.

Vos enfant les plus petits, après Saint Nicolas, seront toujours dans la magie et la croyance de cet autre personnage apportant des cadeaux la nuit du 24 décembre.
Pour les plus grands qui ne croient plus à cette belle histoire, en voici une autre, vraie celle-là, qui les fera tout autant rêver en les transportant quelques siècles en arrière, au début du XVIIe siècle.

À cette époque, des Wallons et des Hollandais émigrèrent aux États-Unis et fondèrent une colonie devenue une ville très célèbre aujourd’hui, connue sous le nom de "New York".
Cette New York, s’appelle d’abord "New Amsterdam", ce que beaucoup savent, mais ce que l’on sait moins c'est qu'avant cette appellation de "New Amsterdam" elle porta le nom de "Nova Belgica" ou "Novum Belgium".

Plusieurs sceaux de l'époque rappellent, en outre, que les territoires entourant la future New York portaient le nom de "Nouvelle-Belgique". Un premier sceau, datant de 1623, porte l'emblème d'un castor - avant l'arrivée des colons en 1624, c'étaient surtout les trappeurs qui exploitaient la contrée -, et porte la mention " Sigillum Novi Belgii", le sceau de la Nouvelle-Belgique. Le sceau de la Nouvelle-Amsterdam, datant de 1654, porte, quant à lui, la mention " Sigillum Amstellodamensis in Novo Belgic". Tout cela avec des collons bien de chez nous.

 

Ces colons étaient emmenés par Pierre Minuit, un protestant d'origine wallonne, qui aurait acheté, le 24 mai 1626, l’île de Manhattan aux Amérindiens Manhattes, en échange de quelques babioles de verre d'une valeur de quelques dizaines de dollars.

Cet achat, pour autant qu’il se soit passé comme ça, est resté dans l’Histoire comme la plus belle opération commerciale de tous les temps.

Bien que les fêtes des Saints soient interdites par la religion protestante, celle de Saint Nicolas perdura en Hollande et dans nos familles wallonnes qui s’y étaient exilées avant de partir en Amérique.
Le fait est que nos wallons s’installent et qu'ils emmènent aussi ce saint et sa fête, le 6 décembre. St Nicholas deviendra même le Saint patron de la ville.

Aujourd’hui encore, une avenue principale du nord de l'arrondissement de Manhattan pour le nom de "Saint Nicholas Avenue".

En quelques décennies, cette coutume du nord de fêter la Saint Nicolas se répandit.

La pression des protestants et leur rejet des saints se faisant de plus en plus forte, on se moqua du Saint en en faisant une caricature. Le Saint est affublé d’un gros ventre, comme un gros lutin, sa mitre tombe et devient un bonnet, sa crosse d’évêque n’est plus qu’un gros bâton.

L’apparition du bonhomme et des cadeaux ne se fera plus le jour de la fête du Saint, le 6 décembre, mais lors d’une fête bien plus importante et admise par les protestants, celle de la nuit de la nativité, le 24.

Pour les futurs Américains, Sinter Klaas, Saint Nicolas en néerlandais, prononcé à l’anglaise, est devenu Santa Claus, le nom américain du père Noël.
La popularité de Santa Claus ira grandissante au XIXème siècle en Amérique, grâce à des contes pour enfants, mais aussi pour des raisons commerciales.


Notre Saint Nicolas, sous la forme du Père Noël, nous reviendra une première fois avec les soldats américains lors de la Première Guerre mondiale, puis, essentiellement grâce aux campagnes publicitaires Coca-Cola.

Aujourd’hui, chez nous, le Père Noël cohabite avec Saint Nicolas, cela pour le plus grand bonheur de nos enfants qui reçoivent ainsi deux fois des cadeaux !
Mais le Père Noël tend à remplacer progressivement Saint Nicolas, d’abord parce que le Père Noël a l’avantage, pour certains, de ne plus présenter aucune connotation religieuse. Pour d’autres la fête de Noël, une des plus importantes de l’année, bénéficie d’un statut légal avec des congés ce qui lui donne l’avantage par rapport à la fête de Saint Nicolas, trop proche, et qu’elle tend à absorber.