On a lu pour vous… « Non, ce n’est pas un drame de jurer devant vos enfants »

Selon la croyance populaire, utiliser des vilains mots devant les enfants est le comble de la faute d’éducation. Un linguiste a un avis très différent sur la question.

Voilà une information qui va déculpabiliser tous les parents. Non, ce n’est pas la fin du monde si vous dites un gros mot devant votre progéniture.Cette question, Benjamin Bergen, un linguiste, se l’est posée pour vous dans un livre: « What the F: What Swearing Reveals About our Language, Our Brains, and Ourselves » dont parle le site Quartz.

Grand amateur de jurons et de gros mots, Benjamin Bergen remarque un changement lorsqu’il devient papa. Il commence à faire attention à son langage et se demande du coup quels seraient les effets de jurons proférés devant les enfants. Selon lui, il y a une énorme différence entre les insultes et dénigrements (qui sont bien évidemment très nocifs pour les enfants) et les simples gros mots.

Selon l’association américaine des pédiatres, proférer des gros mots devant les enfants provoquerait des comportements agressifs. Mais le linguiste n’a trouvé aucune preuve scientifique de cette théorie. Il s’est donc basé sur une expérience menée sur des étudiants, qu’il a appliquée aux enfants.

Selon ses études, la seule grossièreté qui a un impact négatif sur un interlocuteur est le dénigrement. Celui-ci a une conséquence directe sur le développement social et cognitif de l’enfant. Des enfants soumis à des insultes et dénigrements homophobes par exemple ont plus de chance de développer de l’anxiété et de la dépression.

Par contre, Benjamin Bergen pointe qu’il n’y a aucune preuve qu’un gros mot qui s’échappe de temps en temps de la bouche d’un parent ait une quelconque influence sur le développement d’un enfant. Le chercheur rappelle néanmoins qu’il existe certaines conventions sociales. Et qu’un enfant qui jure comme un charretier risque de subir des répercussions sociales.

Tout est question d’équilibre donc. Si les parents ne doivent pas sortir tout leur vocabulaire imagé devant leur progéniture, un petit « m**** » de temps en temps n’est pas un drame.

 

Source: www.7sur7.be

Laetitia Van Impe
3/10/16 – 09h23