On a lu pour vous – Le Pacte d’excellence, six réformes passées au crible

Depuis quelques jours, le Pacte d'excellence est au cœur de tous les débats, mais il n'est pas toujours évident d'en comprendre les enjeux. Avant toute chose, il est important de savoir que ce fameux Pacte n'est pas constitué d'une seule réforme, mais de cent dont le but est de fonder une école plus équitable, plus heureuse et surtout plus performante, sans pour autant induire une baisse de niveau des élèves. Voici, pour vous, quelques réformes détaillées :

1. La formation des profs

Les premiers concernés par le remaniement du Pacte d'excellence sont les enseignants eux-mêmes qui seront bien mieux et plus formés, dans le but de faire évoluer leur métier et de le mettre en phase avec les enjeux actuels de l'école. La formation des enseignants, qu'ils soient instituteurs ou professeurs, sera dès lors plus longue, plus exigeante et plus quantitative, sachant qu'elle constitue une condition sine qua non de la mise en œuvre du Pacte d'excellence. Autre révolution dans la formation pédagogique : les enseignants auront une formation continue bien plus suivie (il s'agit de ces fameuses journées pédagogiques), elle passera de trois jours obligatoires par an à 5 ou 6 jours par an, en fonction des besoins, avec possibilité également de suivre des formations complémentaires qui devront être prises en dehors des périodes où l'enseignant a la charge de sa classe. Cependant, elles seront valorisées par une prime ou un système de compensation équivalent.

2. Un apprentissage des langues dès le plus jeune âge

À l'heure actuelle, en Wallonie, l'apprentissage de la seconde langue (que ce soit l'anglais, le néerlandais ou l'allemand) commence en cinquième primaire. Afin de s'aligner sur le système bruxellois, cet apprentissage commencera dès la troisième primaire. Le néerlandais restera la deuxième langue obligatoire dans la capitale, alors que les élèves de Wallonie auront toujours le choix entre l'anglais, l'allemand et le néerlandais.

3. Rendre le redoublement exceptionnel

Attention, il n'est pas question ici d'interdire le redoublement, comme certains raccourcis auraient pu le laisser penser, mais bien de le rendre de plus en plus exceptionnel et dûment justifié. L'objectif est de le réduire de moitié d'ici 2030, tout en augmentant les résultats moyens des élèves dans les savoirs de base. Grâce au renforcement de la maternelle, à l'allongement du tronc commun, tous deux prévus par le Pacte, réduire considérablement le redoublement devrait être possible. Il est aussi question de renforcer les remédiations et les différenciations, qui permettent aux bons élèves de progresser de leur côté.

4. Un plan de lutte contre le décrochage

Ce plan de lutte contre le décrochage, prévoyant de mieux coordonner les intervenants susceptibles d'agir quand un élève lâche l'école : les établissements, les CPMS, les assistants sociaux, etc. Ce plan devrait également réduire de moitié le décrochage d'ici 2030.

5. Une scolarité entièrement gratuite

Gage d'équité entre tous les écoliers, c'est la gratuité complète de l'école qui est engagée dans le Pacte. Celui-ci suggère d'y aller progressivement, commençant par la maternelle pour en arriver au secondaire en passant par le primaire. Cette gratuité commencerait avec les frais scolaires, comme les photocopies.

6. Une aide aux directeurs

D'une manière générale, les directeurs disposeront de plus d'autonomie, dans le recrutement, par exemple. Ils seront, pour mieux évaluer leurs enseignants, aidés par des coordinateurs pédagogiques, reconnus pour leur expérience et leur savoir-faire. Cette mesure implique le recrutement de près de 450 assistants administratifs d'ici 2030.

Source : Le Soir, vendredi 2 décembre 2016