La carte blanche : « Apportez-leur des livres dans leurs petits souliers… »

Hier, je demandais à mon filleul de huit ans ce qu'il voulait pour sa Saint-Nicolas, bien contrainte de devoir lui offrir ce qui était sur sa liste, sous peine de passer pour une mauvaise marraine. Moi qui me réjouissais de flâner dans ma librairie favorite à la recherche de la perle rare qui lui mettra les étoiles dans les yeux, je pouvais gentiment, mais certainement, redescendre sur terre !

Sur la liste : certes, des cadeaux intéressants, des petites voitures, des pièces pour son train téléguidé, un jeu pour sa console, de jeux de société, des playmobils, un nouvel anorak... tout, sauf des livres ! Pensant éventuellement à un oubli, je me penche vers lui et lui demande : "Mais, tu ne veux pas que Saint-Nicolas t'offre des livres", ce à quoi j'ai pour unique réponse un haussement d'épaules et de sourcils assez significatif.

Des livres, quel has-been je fais du haut de mes trente ans ! Moi qui n'ai pas encore d'enfants, comment puis-je imaginer un seul instant offrir à mon seul et unique filleul le cadeau dont je rêvais petite fille ? Et puis, pourquoi faire puisqu'aujourd'hui tout leur est servi sur un plateau... de télévision ! L'imagination est mise à profit dans les jeux, même dans les jeux les plus calmes, mais plus dans la lecture. Alors qu'il est plutôt bon élève, mon cher et tendre petit loulou rechigne à lire quand il y a plus de texte que d'image. Perte de temps ? Il consacre bien son temps à d'autres activités tout aussi calmes (le coloriage, par exemple !). Activité trop isolante ? Il a du attendre que sa soeur ait cinq ans pour jouer avec elle... Je ne suis pas pédagogue, je ne suis pas professeure, je ne suis pas psychologue, je suis une simple infirmière qui n'a pas encore connu la joie d'être Maman. Essayer de comprendre pourquoi les enfants ne lisent plus de livres n'est pas de mon ressort.

Mais partout ce même constat : très peu de livres sont encore offerts lors des anniversaires, que ce soit par la famille ou par les copains. Tout dépend de l'enfant, me direz-vous, mais pourquoi beaucoup envisagent-ils la lecture comme un fléau ou une corvée ?

Lire est-il devenu un acte démodé ? Ne pouvons-nous plus nous installer avec une tasse de thé fumant, un bon plaid et un super livre sans passer pour des vieux ? Le débat est sans doute intemporel, mais, en cette fête de Saint-Nicolas, cela me choque... à nouveau !