Les abus sexuels expliqués aux enfants

Les abus sexuels expliqués aux enfants

À l’heure où les cas d’abus sexuels sur mineurs et jeunes enfants se multiplient et font la une des médias, votre enfant risque d’y être fréquemment confrontés lorsque vous regardez le journal télévisé, au détour d’une discussion entre adultes ou, pire, d’en être lui-même victime.

Il convient donc de préparer votre enfant à réagir de la façon la plus adéquate possible s’il devait un jour se retrouver dans un tel contexte.

L’une des premières choses à lui expliquer est que s’il est confronté à une personne qu’il ne connaît pas qui lui propose de le suivre par exemple, l’enfant doit toujours se poser trois questions.

  • Est-ce que ça me fait oui ou est-ce que ça me fait non à l’intérieur de moi ?
  • Est-ce qu’un adulte, autre que celui avec qui je suis et en qui j’ai confiance, sait où je suis ?
  • Est-ce que quelqu’un pourra m’aider si la personne qui m’accompagne me fait du mal ?

Pas facile de toujours savoir rapidement s’il a envie de quelque chose ou non vous répondra-t-il sans doute.

Vous pourrez alors lui expliquer que c’est précisément pour cette raison qu’il y a trois questions qui doivent être posées. Et la réponse doit systématiquement être « oui ».

Expliquez-lui que si l’une des trois réponses est « non », c’est qu’il existe un risque à ne surtout pas prendre. L’enfant doit comprendre qu’il ne peut pas s’engager dans la situation qui lui est proposée, aussi alléchante soit-elle.

Il est également essentiel d’expliquer à l’enfant qu’on ne peut pas reconnaître un pédophile comme ça, au premier coup d’œil. En effet, la plupart du temps, les personnes mal intentionnées ne sont pas laides et pleines de pustules sur le visage comme sont représentés les méchants dans les contes et dessins animés. Au contraire, elles se révèlent être très douces et très gentilles, totalement inoffensives. Il arrive également souvent que l’abuseur soit un membre de la famille : un oncle, une sœur, un grand-parent… On parle alors de relations incestueuses.

Mais pas de panique ! L’objectif n’est pas d’effrayer l’enfant en l’obligeant à se méfier de tout le monde tout le temps. Il s’agit simplement de bien lui expliquer que si un adulte, qu’il connaît ou non, lui propose de faire quelque chose dont il n’a pas envie, l’enfant doit refuser et, surtout, en parler à une personne en qui il a confiance. Vous pouvez également faire comprendre à votre enfant qu’exiger de lui qu’il garde un secret avec lequel il est mal à l’aise ou qui le rend triste n’est pas quelque chose de normal. Si un adulte le menace de quoi que ce soit en échange de son silence, il doit s’en remettre tout de suite à un adulte.

En guise de conclusion, votre enfant doit retenir :

  • Que lorsqu’un adulte, qu’il connaît ou non, lui propose quelque chose, il doit toujours se poser les trois mêmes questions.
  • Que la réponse à ces questions doit toujours être « oui ».
  • Qu’il ne doit pas garder un secret qui le met mal à l’aise.
  • Qu’on ne peut pas reconnaître quelqu’un de mal intentionné au premier coup d’œil mais que ces personnes ne sont pas non plus partout tout le temps et qu’il est inutile de se méfier de tout le monde.

Tiré de : Debruyne, I. et Verspecht, T., Les abus sexuels expliqués aux enfants, Jourdan Le Clercq éditions, 2003, 96 p.